La diversité des prises de position comme levier d'enseignement du bien-etre animal

Par Laurence Noisette LEGTA du Robillard

Je n’enseigne pas le bien être animal comme une discipline de la zootechnie en tant que telle mais de façon transversale dans mes cours de filière Bac Pro CGEA et de BTSPA.
Au fur et à mesure des années d’expérience, j’ai constaté des prises de position contrastées de la part des apprenants face à la problématique du bien-être animal. De façon simplifiée, deux positions opposées peuvent être présentes :
- Les apprenants difficiles à convaincre pour s’ouvrir et prendre en compte le bien-être. Ils arrivent en formation avec beaucoup d’a priori, basés sur la reproduction de modèles voire la recherche d’une conformité avec des attitudes familiales. Le bien-être animal est, dans ce cas, beaucoup plus perçu comme une contrainte européenne et sociale plutôt que comme une évolution. Les résistances sont nombreuses (le changement est dérangeant !) et c’est un travail de tous les jours et transversal qui est nécessaire pour inciter à quelques changements.
- Les apprenants pour lesquels les pré-acquis liés au domaine de l’élevage sont moins présents et les freins moins forts. Ils sont davantage sensibles aux arguments sociétaux relayés par les médias. Je dois néanmoins faire attention aux représentations anthropomorphiques de la relation à l’animal afin qu’ils prennent en compte l’animal pour lui-même.
Au-delà de ces deux catégories qui représentent les deux extrêmes d’un continuum, il existe une grande diversité de prises de position de la part des apprenants. Je remarque depuis quelques années que la mixité des publics augmente dans mes classes. Les affinités entre élèves se créant, les points de vue se confrontant, les mentalités et les certitudes de part et d’autres évoluent.