Les points de vue des organisations en faveur de la cause animale


Par leur rôle actif dans la médiatisation des questions relatives au bien-être animal, les associations de protection animale influent sur la prise en compte politique de ces problèmes. Elles ont en outre des actions d’audit et d’expertise et produisent des supports de formation et d’information à destination de publics variés. Elles sont donc de fait des acteurs influents du débat de société sur le bien-être animal, mais chacune peut y avoir un rôle et une position sensiblement différents.
Leur rôle a pu être déterminant dans la prise en compte de la cause animale par les pouvoirs publics : par exemple, la pétition engagée par la Société Protectrice des Animaux en 1999 est considérée comme un des facteurs qui ont amené à l’introduction de la notion de sensibilité de l’animal lors de la révision du Code Pénal. Certaines de ces associations ont également un rôle d’incitation, voire d’accompagnement, des professionnels pour améliorer le bien-être des animaux : dès 1964, l’œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoir (OABA) a ainsi importé d’Angleterre les premiers appareils d’étourdissement et a engagé des actions d’incitation qui ont conduit à la parution d’un décret en 1964 rendant obligatoire en France l’étourdissement des animaux de charcuterie et de boucherie, avec une exception pour les abattages rituels.

D’autres associations s’engagent dans la formation de différents acteurs de la société : à titre d'illustration , la Protection mondiale des Animaux de Ferme (PMAF), très inspirée par son équivalent britannique Compassion in World Farming, propose des supports de formation et d’information sur le bien-être animal à destination de publics variés, en particulier le public scolaire. La PMAF se positionne aussi en soutien possible aux professionnels, en encourageant les initiatives des éleveurs, des industriels agro-alimentaire et des acteurs de la distribution pour améliorer le bien-être animal (notamment par la promotion des démarches de qualité qui incluent des critères de bien-être). PMAF présente une éthique plutôt déontologiste.

Enfin, plusieurs associations militent pour l’abolition de certaines pratiques d’élevage, allant parfois jusqu’à la remise en cause de la consommation de la viande par l’homme. Ainsi l'association L214 Éthique & Animaux est tournée vers les animaux utilisés dans la production alimentaire (viande, lait, œufs, poisson), et révélant leurs conditions d'élevage, de transport, de pêche et d'abattage. Son objectif est de nourrir le débat public sur la condition animale, soulever la question du spécisme, revendiquer l’arrêt de la consommation des animaux et des autres pratiques qui leur nuisent.
L'association articule son travail sur 3 axes complémentaires :

Toutes les associations militantes de la cause animale s’attribuent souvent une mission de contrôle du respect de la protection animale, effectuant des audits dans des lieux publics, comme par exemple les contrôles du respect de la réglementation sur la protection animale effectués sur les marchés aux bestiaux par l’association Animal’s Angels.

Quels que soient leur rôle et leur position vis-à-vis de l’élevage, les actions des associations militantes de la cause animale influencent l’image de l’élevage auprès du public et des consommateurs, ce qui n'est pas sans poser des questions majeures en terme éducatif. En effet, au travers de leurs différents outils de communication, dont récemment les sites internet et les pétitions en ligne, ces associations médiatisent des situations de bien-être très dégradées. En ce sens, elles contribuent à transmettre une image généralement négative de certaines pratiques d’élevage à un public et semble se positionner en réaction à l'égard d'un système de formations agricoles qui a pendant de longues années nié la souffrance et le sujet animal.