Les points de vue des distributeurs


label allemand sur le bien-être animal

Les distributeurs, quels que soient leur taille et leur structure, pourraient être considérés comme un des acteurs-clés de l’amélioration future du bien-être des animaux d’élevage : ils traduisent en effet les attentes exprimées par les consommateurs en les traduisant par des démarches de qualité, parfois accompagnées de labels ou de certifications.

A travers l’élaboration de cahiers des charges incluant des critères liés au bien-être des animaux, ils pourraient permettre d’objectiver les attentes des consommateurs, en les rapprochant des contraintes de l’élevage. Par contre, l’utilisation de ces démarches auprès des consommateurs pose question : pour l’instant elles sont peu souvent destinées à communiquer auprès du public mais correspondent plutôt à un argument commercial dans le choix des éleveurs fournisseurs. Par exemple, certaines laiteries sélectionnent des éleveurs laitiers adhérents à la Charte des Bonnes Pratiques mais cette information n’est pas indiquée sur les briques de lait. De la même façon, un groupe de restauration collective impose à ses fournisseurs un cahier des charges respectueux du bien-être des animaux de l’élevage à l’abattage, sans pour autant l'utiliser comme argument commercial auprès du public. Cette stratégie peut surprendre et l’on peut se demander si ce n’est pas une conséquence du décalage entre l’image de l’élevage et sa réalité qui empêche de communiquer directement sur des filières de production qualifiées d’intensives et souffrant d’une mauvaise image auprès des consommateurs. Les démarches de qualité apparaissent comme un moteur d’amélioration des conditions et pratiques d’élevage car elles incitent les éleveurs à se préoccuper de bien-être, en leur imposant des contraintes acceptables par rapport à leur production et en leur apportant des avantages économiques (un marché, des prix ou des volumes d’achats,…

label anglais sur le bien-être animal

La question des contraintes imposées par les cahiers des charges se pose cependant : ceux-ci sont souvent peu connus et dans ce cas il est toujours possible de se demander si les points de contrôle garantissent réellement le bien-être des animaux. Mais à l’inverse, certains cahiers des charges sont exigeants et vont jusqu’à une obligation de formation des éleveurs. A titre d'exemple, un groupe anglais de la grande distribution impose à ses fournisseurs une formation spécifique aux bonnes pratiques d’intervention sur les volailles et effectue des audits dans les élevages français fournisseurs pour contrôler le respect de leur cahier des charges. Si ces démarches de qualité étaient plus visibles, ne contribueraient-elles pas à une amélioration de l’image de l’élevage vis-à-vis du consommateur ? Le bien-être serait alors une opportunité de rapprocher le consommateur de l’éleveur.